Le blog du Canada

Journal intime

24 janvier 2007

Confessions d'une ex-timide!

"Mon coeur bat, ma respiration va et vient, il faut que je trouve mon rythme. Ma voix, si étrange, ma voix que je n'aime pas entendre, il faut qu'elle ne soit plus ce bruit qui me trahit, mais une musique qui me porte. Et mon écriture, non pas un message qui se perd dans le silence et n'aboutit qu'à des yeux, mais une parole qui fasse vibrer une oreille..."
(Philippe Lejeune, dans "signes de vie")
C'est ce que je voulais dire et c'est tellement bien dit que je ne peux résister au plaisir de le citer, à propos de ma lecture publique du 11 janvier.
Il y avait 28 personnes, deux de moins que pour Didier van Cauwelaert, qui a lu " L'évangile de Jimmy" quelques semaines avant, donc je n'ai pas à rougir! Il y avait des connaissances et des amis mais aussi des personnes que je ne connaissais pas. M., la Québécoise était là et a lu "rencontre" (la dame dans sa serre..) en prenant son plus bel accent québécois que j'ai eu tant de plaisir à entendre.
Et moi, et moi et moi? Bon, je n'étais pas trop paniquée, dans le fond , c'était comme si j'allais faire un cours, mais en même temps, je n'étais quand même pas cool à 100% non plus. Quand je fais cours, c'est toujours un dialogue. Stimulus-Response. Là, c'était moi tout le temps et je me suis apercue que j'avais un peu peur des silences. Des fois je me disais, oh, peut-être n'es-tu pas marrante, ça manque d'humour, peut-être s'ennuient-ils? Au début, j'avais aussi très peur que ma voix me lache, je sortais à peine de cette horrible bronchite de Noel. Mais en fait, elle est devenue de plus en plus claire, de plus en plus assurée. Pour les poèmes, je savais qu'il fallait absolument que je fasse des pauses, sinon c'est trop dificile à suivre et j'en ai fait. Quelques personnes m'ont dit que j'avais l'air détendue. Bon, au moins donner cette impression, c'est déjà ça!
Dans l'ensemble, c'est une expérience très intéressante, parce que pour la première fois j'ai sorti corporellement de moi des choses qui m'habitent pour les lancer aux autres sans savoir comment elles allaient être rattrapées. C'est une chose de se répéter des textes á soi-même. C'en est une autre d'en voir publiées, imprimées, et c'est encore tout autre chose de les dire soi-même devant un public. il y a ce côté théâtral, le côté "passer la rampe", dont je parle dans la première page du Blog, qui joue un rôle nouveau.
Et je me suis rappelée soudain mes premiers exposés, avec Francoise, ma copine de lycée, au Bonheur des Dames ou Le Lac de Lamartine... avant de commencer, j'avais l'impression d'être menée à l'abattoir!
"Pourrait beaucoup mieux faire" "Catherine ne dit jamais rien en classe" disaient toujours mes bulletins de notes. Bonne à l'écrit, nulle à l'oral... des tas de souvenirs remontent... Mais voilà qu'avec un sacré paquet d'années d'entrainement, il devient posible de partager un peu ce qu'on a dans la tête.
Voilà, c'était Les confessions d'une ex-timide, d'ailleurs pas si ex que ça!

Posté par catherineb à 17:46 - Journal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Confessions d'une ex-timide!

"Mon coeur bat, ma respiration va et vient, il faut que je trouve mon rythme. Ma voix, si étrange, ma voix que je n'aime pas entendre, il faut qu'elle ne soit plus ce bruit qui me trahit, mais une musique qui me porte. Et mon écriture, non pas un message qui se perd dans le silence et n'aboutit qu'à des yeux, mais une parole qui fasse vibrer une oreille..."
(Philippe Lejeune, dans "signes de vie")
C'est ce que je voulais dire et c'est tellement bien dit que je ne peux résister au plaisir de le citer, à propos de ma lecture publique du 11 janvier.
Il y avait 28 personnes, deux de moins que pour Didier van Cauwelaert, qui a lu " L'évangile de Jimmy" quelques semaines avant, donc je n'ai pas à rougir! Il y avait des connaissances et des amis mais aussi des personnes que je ne connaissais pas. M., la Québécoise était là et a lu "rencontre" (la dame dans sa serre..) en prenant son plus bel accent québécois que j'ai eu tant de plaisir à entendre.
Et moi, et moi et moi? Bon, je n'étais pas trop paniquée, dans le fond , c'était comme si j'allais faire un cours, mais en même temps, je n'étais quand même pas cool à 100% non plus. Quand je fais cours, c'est toujours un dialogue. Stimulus-Response. Là, c'était moi tout le temps et je me suis apercue que j'avais un peu peur des silences. Des fois je me disais, oh, peut-être n'es-tu pas marrante, ça manque d'humour, peut-être s'ennuient-ils? Au début, j'avais aussi très peur que ma voix me lache, je sortais à peine de cette horrible bronchite de Noel. Mais en fait, elle est devenue de plus en plus claire, de plus en plus assurée. Pour les poèmes, je savais qu'il fallait absolument que je fasse des pauses, sinon c'est trop dificile à suivre et j'en ai fait. Quelques personnes m'ont dit que j'avais l'air détendue. Bon, au moins donner cette impression, c'est déjà ça!
Dans l'ensemble, c'est une expérience très intéressante, parce que pour la première fois j'ai sorti corporellement de moi des choses qui m'habitent pour les lancer aux autres sans savoir comment elles allaient être rattrapées. C'est une chose de se répéter des textes á soi-même. C'en est une autre d'en voir publiées, imprimées, et c'est encore tout autre chose de les dire soi-même devant un public. il y a ce côté théâtral, le côté "passer la rampe", dont je parle dans la première page du Blog, qui joue un rôle nouveau.
Et je me suis rappelée soudain mes premiers exposés, avec Francoise, ma copine de lycée, au Bonheur des Dames ou Le Lac de Lamartine... avant de commencer, j'avais l'impression d'être menée à l'abattoir!
"Pourrait beaucoup mieux faire" "Catherine ne dit jamais rien en classe" disaient toujours mes bulletins de notes. Bonne à l'écrit, nulle à l'oral... des tas de souvenirs remontent... Mais voilà qu'avec un sacré paquet d'années d'entrainement, il devient posible de partager un peu ce qu'on a dans la tête.
Voilà, c'était Les confessions d'une ex-timide, d'ailleurs pas si ex que ça!

Posté par catherineb à 17:46 - Journal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 janvier 2007

Sentir ou ne pas sentir

Oh la la, le dernier message c'était en novembre 2006 et nous voilà en janvier 2007 et c'est la premiere fois depuis ce temps que j'ai l'impression d'avoir une petite minute tranquille. La vie est folle. Et je sais bien qu'elle va continuer à être folle à partir de la semaine prochaine, tous mes cours auront repris et ce sera reparti pour un tour de piste...
Et quand j'espérais avoir un peu de temps, je me choppe un sale microbe qui me cloue au lit de Noel au premier janvier, et donc pas question de faire toutes les choses que je m'étais promis de faire "quand j'aurais le temps". Est-ce que ça va être comme ça jusqu'à la fin ou est-ce qu'on s'arrête un jour de courir comme des malades?
En plus ce microbe a quelque chose de spécial , il m'a supprimé mon odorat, ça va faire bientôt trois semaines maintenant. On dit que l'odorat c'est un sens mineur, on peut vivre sans, ok. Mais c'est quand même très destabilisant et très curieux. D'abord "je ne peux pas me sentir"(?), les autres non plus évidemment. Je fais la cuisine au radar, parce que quand je mets du curry dans le ragoût, je n'ai aucune idée des dosages. J'ai même plus envie de me mettre de l'eau de cologne ou du parfum, puisque de toute façon, je n'en profite pas !
Et puis il y a un truc qui m'a presque fait pleurer la semaine dernière. J. me demande : Qu'est-ce que c'est, des seringas? Or, les seringas, c'est un peu ma fleur fétiche, ça me rappelle une tonnelle couverte de ces fleurs dans le jardin de mon enfance. Il y en a aussi un énorme paquet dans ma maison de France et à Paques c'est toujours une joie très forte de replonger mon nez dans cette odeur. Alors l'idée, même théorique, -après tout ça va peut-être finir par revenir- de ne plus jamais pouvoir sentir ça, ça m'a fait monter les larmes aux yeux.
Voilà, l'odorat, tant qu'on l'a on se dit que ce n'est pas très important, mais s'il vient à manquer, on se rend compte que ça joue quand même un très grand rôle dans nos perceptions et notre manière d'être au monde.
Dans mon journal de 16 ans, je devais être en seconde puisqu'on lisait Pascal en classe, ce dernier m'énervait passablement, j'aimais déjà beaucoup plus Montaigne, et j'avais écrit : Mais je m'en fous, moi Monsieur Pascal que "nos sens nous trompent", tant que je peux sentir les fleurs!
Et ne plus les sentir, c'est drôlement triste.
Jeudi soir, je vais faire ma lecture au Centre Culturel, j'espère que j'aurai retrouvé assez de voix pour cela. Lire des extraits de ce Blog justement, mais évidemment, juste la partie qui concerne le Canada et puis des poèmes de "L'été Indien".
Ce sera la première fois que je lirai quelque chose en public. Je n'ai pas vraiment le trac, parce que quand même le Centre Culturel, ça fait vingt ans que j'y traîne mes savates, c'est un peu ma maison. Mais quand même, c'est impressionnant!
Alors, des nouvelles bientôt, pour raconter comment ça s'est passé?
Allez, on va essayer!
A bientôt!

Posté par catherineb à 18:21 - Journal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 novembre 2006

Lecture, écriture et littérature

Jeudi dernier, c'était notre vernissage à J. et moi, après 25 ans, la première fois qu'on faisait une exposition ensemble! J. exposait les gravures, les dessins et les petites sculptures du Québec et moi les textes de mes poèmes du Québec. L'expo s'appelle "Je me souviens", of course! Il y avait beaucoup de monde à ce vernissage, beaucoup d'amis de longue date, par exemple R. qui m'a aidée à faire les traductions en allemand de mes poèmes. Ça m'a un peu rappelé les fêtes qu'on faisait à l'ancien atelier de J. dans les années70-80, par exemple quand on était revenus du Népal et qu'on montrait des diapos en faisant manger du Dal-Bhat (plat de lentilles á la népalaise) à tout le monde! Mais là, il n'y avait pas de lentilles! Les copains, les copines, anciens et nouveaux, UNE Quèbécoise qui a proposé de lire un de mes textes le 11 janvier à la lecture avec son bel accent québécois, un ancien directeur du Centre Culturel qui était curieux parce qu'il avait passé quatre ans au Québec, plus des fans et des clients éventuels de J. Quant á moi, j'avais fabriqué artisanalement une douzaine de recueils de mes poèmes de "L'été indien" et je n'en revenais pas de les avoir tous vendus le soir même! J'étais un peu speedée, stressée de parler á tant de gens à la fois, mais ça m'a fait aussi vraiment plaisir. Plus tard on est allés au Restaurant Grec et avec les anciens du Centre on reparlé du"bon vieux temps" qui d'ailleurs n'était pas toujours si bon que ça.... Mais c'est vrai que c'était la période faste du Centre, on avait encore des crédits, et les invités étaient prestigieux: Leo Ferré, Jean le Poulain, Renaud, Butor, Ionesco, Annie Ernaux, Robbe-Grillet, Yves Bonnefoy... et tant d'autres encore, avec réceptions fastueuses, grands buffets froids et bons vins, réceptions auxquelles on était toujours toutes invitées, où on dégustait le bon vin en discutant avec les célébrités... ah, c'était quand même un peu le bon temps!
Dimanche, je suis allée avec C. et M. au salon du livre de Colmar. Nous avons participé à l'atelier d'écriture de S. et écouté la conférence de Philippe Lejeune sur Anne Frank. S. avait proposé comme thème Portrait-Autoportrait en contraste, en "s'appariant" avec une personne du groupe. J'ai triché en choisissant C. que je connais bien, peut-être parce qu'aucune autre personne dans le groupe ne me disait rien sauf la dame en vert, mais M. l'avait déjà choisie. C'était toutes des personnes et des textes très intéressants, en fait c'est un peu normal, on ne vient pas á un atelier d'écriture si on n'a rien à dire, il me semble.
Voilà et le rythme de croisière de la semaine a repris, pas beaucoup de temps pour écrire, trop de travail et d'autres choses á faire. Hier soir, j 'ai quand même trouvé le moyen d'aller à une lecture de Marcel Bénabou, Oulipien et ancien collaborateur de Georges Pérec.Très drôle et trés subtil, même si c'est pas tout á fait le genre de littérature que je préfère. A part Monsieur O. qui l'a invité et présenté avec beaucoup d'enthousiasme, je n'ai vu aucun prof de la fac. Je me demande où ils sont tous passés et á quoi ils s'intéressent.A mon avis, la littérature a de sombres jours devant elle.
A la semaine prochaine peut-être? Je vais essayer d'être plus régulière!

Posté par catherineb à 18:53 - Journal - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 novembre 2006

Réapparition

Ah, j'ai eu peur, j'ai cru que mon blog avait disparu parce que je ne le retrouvais plus...
Faut dire que c'aurait été bien fait pour moi parce que ne rien dire pendant quatre mois, c'est pas gentil... mais bon, les circonstances étant ce qu'elles sont, je manquais de temps et sans doute de motivation! D'ailleurs je me demande pourquoi cela devrait continuer á s'appeler Blog du Canada puisque j'en suis revenue depuis plus d'un an maintenant.(En fait, juste un an le premier novembre, et j'y pense beaucoup en ce moment) En plus, J. et moi nous sommes en train de nous préparer pour une exposition au Centre culturel dont le vernissage aura lieu le 23 novembre et qui a pour titre : "Je me souviens" avec dessins et gravures de J. et textes de moi. Les poèmes d'octobre canadiens plus des extraits du Blog, justement que je suis en train de retaper sur papier. Bref, en fait , je n'en suis pas encore tout á fait sortie, du Canada. Et je ne demanderais pas mieux que d'y retourner!
Entre temps il y a eu de belles vacances, déjà passées depuis longtemps maintenant, où j'ai revu Tiggerdan, après si longtemps et après avoir dialogué si intensément sur ce blog, justement. C'était vraiment bien Monmaquis avec elle. Puis on a revu H. aussi, comme presque tous les étés et ça aussi c'est toujours bien. Puis mon beau-père qui venait pour la première fois dans la région et qui a beaucoup aimé. Mon dieu cet été a passé si vite... et en rentrant, j'ai appris que je m'étais fait saquer de mon boulot, sans bruit, sans tambour, sans trompette. Heureusement j'ai trouvé de quoi remplacer assez rapidement. Je traduis aussi des poèmes pour une anthologie franco-allemande qui paraitra sans doute en mars 2007 avec deux de mes poèmes. Voilà, me voici rapidement plus ou moins remise à jour. J'aimerais bien reprendre d'une manière un peu plus régulière, mais j'ai beaucoup , beaucoup de choses á faire en ce moment, alors on va voir ce que cela va donner, en tous cas, j'ai refait un premier pas.
A bientôt?

Posté par catherineb à 22:18 - Journal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 juillet 2006

Dernières nouvelles d'ici

Comme le temps passe! Voilà un an que j'écris ce Blog, et ma foi, je n'en suis pas lassée... Il y a un an j'étais déjà dans Monmaquis, partie toute seule en train et j'appréciais la chaleur et le farniente. Pour le moment, j'en suis encore à courir désespérément après le temps, et avec la chaleur lourde qui règne ici, c'est pas vraiment bon pour la santé... de sorte que dimanche, je me suis presque évanouie dans la rue, le coeur au bord des lèvres, après avoir voulu porter mon vélo pour remonter des berges de la rivière vers le pont.
Il est temps.
(Herr, es ist Zeit, der Sommer war sehr groß... Ça c'est Rilke)
Il est temps de repartir vers Monmaquis et de ne faire RIEN pendant un certain nombre de jours, parce que j'ai atteint le niveau maximum, la cote d'alerte, tout ce qu'on veut, il faut que je m'en aille.
Heureusement que j'ai un autre lieu...
Je veux quand même parler de ces quelques lieux que j'aime ici et qui rendent l'été plus doux.
Matthiesleweiher.
Il faut prendre mon petit train préféré qui monte à l'assaut de la Forêt-Noire jusqu'à la ville où étaient cantonnés les "Oranges" de Hollande pendant la Weltmeisterschaft, qui descendaient eux, de temps en temps , s'entrainer au stade de F. Après il faut marcher environ une heure à travers la forêt et le long des prairies à vaches placides, un petit chemin qui monte, mais pas trop raide, heureusement car quand le temps est lourd, on a la sueur qui dégouline de partout. Les herbes sont hautes, il y a des scabieuses violettes, des lupins bleu marine, de grandes marguerites et des digitales (qui ne sont pas pourpres, j'ai bien regardé!) au bord des prairies qu'on traverse. Puis une ombre un peu plus fraiche sous les grands sapins qui poussent parfois à même la roche dénudée et abrupte. Il y a des gros tas de fourmis, amassement électrique de presque un mètre d'aiguilles de pin sèches où elles "fourmillent" selon leur programme génétique. Je n'aime pas les fournmis, elle colonisent sans cesse les légumes et les fleurs de mon jardin. Si on les laissait faire, elles envahiraient tout. Un peu trop comme nous , les humains!
A un moment, on quitte le chemin principal, on redescend par un sentier de traverse et on arrive au Matthiesleweiher, petit lac de montagne bordé de sapins vert sombre. Il y a toujours des gens, mais ce sont des gens calmes. Personne ne hurle, pas de radio, pas de barbecue. Juste quelques familles bio avec bébés tous nus qui barbotent sur les bords. Nous dépassons la plage principale pour nous installer dans un petit coin de verdure latéral, tout capitonné de mousse toujours un peu humide et légèremenmt ombragé.
L'eau du lac est rouge foncé. Presque noire, pas sale , mais opaque. C'est toujours difficile pour moi d'y entrer, mais quand on a tellement sué, on ne résiste pas... C'est trop mystérieux, trop profond, trop sombre, cette eau. (Si l'eau est l'inconscient, je veux bien y nager , mais à condition de rester à la surface!) Pourtant c'est agréable d'y faire quelques brasses, parce que rien ne bouge, cette eau est profondément immobile, silencieuse, calmante, rassérénante. La surface est tiède, mais quand d'autres nageurs ont fait bougér cette mince pellicule, on sent des courants plus froids qui vous chatouillent les pieds, vous caressent le ventre et provoquent de petits frissons.
Il faut se sécher vite au soleil, car des nuages orageux se rassemblent soudain au-dessus de la montagne. On les voit pousser au dessus de nos têtes comme des choux-fleurs fous qui finissent par remplir tout le ciel. Dans l'eau, on regarde passer au ras de la rive des truites monstrueuses qui viennent inspecter nos orteils sans montrer la moindre crainte. Sous le ciel voilé, mauve-violet et de plus en plus lourd, on se remet en route pour attraper le petit train qui redescend vers la vallée. Train plein de randonneurs chevronnés avec leurs grosses godasses, de petits vieux qui ont pris l'air, de Nordic Walkers avec leurs grands bâtons ridicules, d'enfants pieds nus et tout rouges, fatigués par le grand air. Il redescend doucement tandis que le ciel se sillonne d'éclairs blancs zigzaguants et que les premières gouttes claquent sur les vitres.
Mundenhof
J'ai toujours eu un rapport spécial avec Mundenhof. C'était autrefois un modeste petit zoo où m'emmenait Ingrid quand j'étais "au- pair" avec ses deux enfants de deux et trois ans. Elle nous y déposait en début d'après-midi pour venir nous rechercher vers six heures. Je poussais la poussette chargée des deux gamins et je m'arrêtais là où ils le désiraient. Devant la cage des singes, la fosse aux ours, l'enclos des loups, l'étable des chèvres, les cabanes des lapins, la volière aux petits oiseaux multicolores, la grande cage des hiboux qu'on avait beaucoup de mal à découvrir, immobiles, endormis dans les feuillages. Je passais des heures dans le bâtiment sombre où se trouvait l'aquarium qui fascinait particulièrement les petits. Après, on achetait une glace et on allait sur le "Spielplatz", le terrain de jeux, faire de la balançoire et creuser des trous dans le sable. C'était mon job. Je l'aimais bien. Plus tard, redevenue étudiante à temps complet, j'y retournais parfois avec mes amoureux. Le zoo se trouve en rase campagne à 7 ou 8 kms de la ville, à vélo, c'était une belle balade. A un moment, deux oursons se trouvaient tout seuls dans la fosse aux ours. Ils se tenaient enlacés,tout tristes, perdus, solitaires. Puis ils recommençaient à se donner des coups de pattes et à jouer. (Ai-je rêvé cela? Pourquoi ces oursons étaient-ils seuls? Je sais que je m'identifiais à eux, à leur tristesse, à leur solitude)
Plus tard, j'ai emmené ma fille à Mundenhof, forcément. Ça recommençait : la cage aux singes, la fosse aux ours, l'aquarium... Mais la ville avait changé un peu le concept et n'avait gardé principalement que des animaux déjà domestiqués, donc ne souffrant pas de l'enfermement. Plus de lynx, plus de loups, plus de girafes, mais toutes sortes de boeufs, urus, bisons européens, américains, lamas, alpacas, etc...
Aujourd'hui, l'enclos des singes est devenu immense. Une famille de chiens de prairie a creusé des centaines de tunnels dans leur enclos. Les lions et les tigres d'un cirque en relâche feulent tristement dans leur cage, mais ne font pas partie du zoo. Des paons se promènent affairés dans les allées et des petits lapins heureux cavalent partout. Un nid de cigogne est installé sur la plus haute cheminée du bâtiment de ferme. On a installé lá-haut une caméra qui les filme en permanence, les pauvres, c'est pire que Loft-story.. Parfois elles arpentent aussi les prairies où courent les nandous et les émeus.
A Mundenhof a lieu chaque année le "Zeltmusikfestival", festival de musique sous tentes et quand on est arrivé, le soir de la Saint Jean on voyait d'abord les chapiteaux rouges et pointus de ces immenses tentes de cirque installées sur la grande place à l'entrée du zoo. Sur la droite, un immense bûcher était préparé qui brûlerait dès la nuit tombée, et en continuant le chemin qui montait graduellement vers l'entrée du parc, on tombait sur un magnifique coucher de soleil rouge-orangé qui illuminait tout l'horizon, tandis que des rythmes de samba s'élevaient autour du grand bûcher qui prendrait bientôt la relève du soleil pour illuminer la plus courte nuit de l'année...
Voilà , pour les impressions estivales d'ici. J'aurais bien voulu encore parler de ma piscine pour femmes, mais je n'ai plus le temps, maintenant. Peut-être encore une derniére fois avant de partir, et de Monmaquis, je trouverais bien le temps, une fois ou deux de donner des nouvelles à partir du petit internet-café d'où j'avais envoyé quelques messages l'année dernière et d'où j'envoyais mes traductions emmenée en vacances.
En tout cas, c'est sûr, je reviendrai donner de mes nouvelles!


Posté par catherineb à 17:29 - Journal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juillet 2006

Mes colères et celles de Zizou

10 Juillet
Choses laides
Une petite Indienne ou Turque, à qui je touche le bras gentiment pour lui expliquer qu'elle devrait attendre que les figues de notre jardin soient mûres pour les voler :Ne me touchez pas! Vous êtes sale!
Un Noir aux yeux opalescents, translucides qui doit être malvoyant et complétement ivre réclame un Euro que je lui donne et en profite pour m'arracher la bouteille de bière que je tiens à la main.
Le coup de tête de Zizou, parce qu'on croyait que c'était pour toujours un doux non-violent. Mais qu'est-ce qu'on attend? La violence du monde ne peut engendrer que la violence. Je fais partie de ce monde, mais je ne peux pas supporter la violence, particulièrement quand elle se tourne contre moi. Même chose pour l'histoire avec mon chef. Qu'il me saque, me piétine, n'a aucune décence ni aucun scrupule fait partie de la logique du monde. Qu'est-ce que j'ai attendu? Qu'il me déroule un tapis fleuri parce que je suis gentille et coopérative? C'est jeune et mordante qu'il faut être, pas gentille et coopérative!
Même chose au E-Werk, le discours du nouveau chargé des affaires culturelles qui profite d'un vernissage de l'ensemble des artistes pour filer un coup de pied en vache aux "vieux" artistes de "50 + X" parce qu'ils "n'innovent" plus et qu'il serait temps qu'ils laissent la place aux jeunes. Ceux qui font par exemple des installations de sofas et de télés au milieu de la salle d'expo (comme si c'était nouveau!) plutôt que de poursuivre honnêtement l'investigation qu'ils ont commencée il y a longtemps, qui prend du temps, dont ils ne savent pas où et même si elle aboutira, mais qui au moins sont honnêtes avec leur travail, leur recherche, leur nécessité intérieure, sans courir comme des chiens fous après la modernité, sans se remettre soudain à la peinture ou la sculpture figurative parce qu'en ce moment c'est vachement"in" de nouveau et que ça rapporte un max de fric...
J'ai un profond dégoût du monde. Soudain. Besoin urgent de vacances et de distance.
400 ans à la "Weinstetterhof"
J: avait un symposium, toute la semaine dernière, dans les locaux principaux d'une grande firme internationale qui fait de la peinture en bâtiment, de l'isolation etc.. Ces locaux sont situés dans une sorte de ferme gigantesque avec un étang au milieu de la cour, des bâtiments fantastiques avec des plafonds ornés de stucs et de petits anges de plâtre partout, la demeure du maître, les communs, les étables, tout cela vieux de 400ans, un lieu enchanteur, plein de grands arbres centenaires, un vieux pigeonnier d'où s'envolent des tourterelles blanches. Quatre artistes ont donc travaillé là pendant dix jours. J. et Ch., les sculpteurs sur bois (c'est eux les vieux!) avaient chacun un gros morceau de séquoia de 3,50 mètres de long à disposition dont ils ont fait deux superbes sculptures, et dont le bois devient tout rose à l'air libre. Les séquoias sont tombés lors d'une tempête, J. n'aurait jamais voulu qu'on les coupe juste pour amuser des sculpteurs!
K. , une jeune femme rousse aux yeux tout bleus qui fait du "Land Art" avait récupéré les écorces du séquoia et avait reconstitué dehors un tronc patchwork évidé autour d'une armature de fils de fer.Dans une des pièces vieillotes et non habitées du corps de ferme, elle a aussi fait une jolie sculpture de fils de nylon, - un peu comme une araignée à l'esprit géométrique - tendue sous forme de parallépipède qui attrape par chaque fil la poussière et la lumière et en fait ainsi une sculpture aérienne tendue au milieu de la pièce.
J.R., lui, travaille le carton et a réalisé une sorte de grande tour ou colonne ronde sur un socle carré, formée de différentes couches de cartons empilés, collés serrés ou avec des intervalles et peints en blanc ou en crème.
Dimanche, c'était donc la fête des 400 ans. Il y avait tellement d'invités (600?) et d'attractions que les pauvres artistes ont un peu disparu dans la masse. A manger et à boire en quantité inépuisable et en qualité respectable. Viandes cuites, saucisses et barbecue, poissons, salades, desserts, glaces, gâteaux, crèmes, café, vin, bière, mousseux... tout tout tout... Une fanfare, un orchestre rock des années 70 plus reggae, des clowns musicaux très drôles, associant acrobaties, grimaces et toutes sortes d'instruments classiques ou loufoques, faits de pièces et de morceaux d'outils imbriqués les uns dans les autres et musiques en tous genres. Un groupe de jeunes danseuses de Jazz-Dance qu'on n'a pas regardées. Un château gonflable, un manège rodéo et un spectacle de marionnettes pour les enfants. Je n'ose pas m'imaginer combien peut coûter une fête pareille. Il paraît que cela passe dans les "coûts publicitaires". Ma relation à l'argent est totalement en dehors des réalités. Arrivée à dix heures du matin, j'étais épuisée à 5 heures du soir, surtout à cause du bruit incessant, je veux dire de la musique à fond la caisse, que ce soit fanfare ou rock, si fort que, même en plein air, on ne peut pas se parler sans hurler. La pollution accoustique est vraiment quelque chose que je supporte de plus en plus difficilement. Pourquoi personne n'aime plus le silence? La fête aurait-elle été moins réussie s'il y avait eu moins de bruit? Mystère...
!2 Juillet: Interview par Anne Sinclair de Z.Z.
Zizou, le côté obscur de la force?
L'Italien a insulté sa mère et sa soeur. Il y a des choses qu'un homme du sud ne pardonne pas. L'honneur familial plus fort que la gloire d'une coupe du monde. C'est grandiose, tragique. C'est le soufflet du Cid, c'est cornélien. Va, Zizou, je ne te hais point! Je regrette d'être un mauvais exemple pur les enfants, dit-il. Dans mon caractère, il y a des choses bien et des choses moins bien, comme tout le monde.Je regrette pour mes camarades que j'ai peut-être empêchés de gagner la coupe, mais je revendiique ce que j'ai fait. ( Ça, c'est les Mouches de Sartre, Oreste : j'ai fait mon acte et maintenant, je suis libre.) Si je m'excusais , ça voudrait dire que j'accepte ses insultes et ça, je ne peux pas. A.S. : Aimeriez-vous retourner dix minutes en arrière, rejouer la fin du film de votre carrière? Non, dit Zizou, si ça c'est terminé comme ça, c'est que ça devait. Mektoub. C'était écrit. C'est que quelqu'un "là-haut" le voulait ainsi et je m'incline. J'accepte le sort et ses conséquences. Mais ce que je trouve pire que ce qui ce passe sur le terrain ce sont les paroles de l'ex-dirigeant du Sénat italien qui a dit que c'était une victoire sur "les noirs, les terroristes et les communistes" (c'est qui le communiste dans tout cela???) Cela, c'est innacceptable, dit-il, et là Zizou, franchement, je suis de tout coeur avec toi. Et tu as raison au fond, tout est bien qui finit bien, tu redeviens humain, faillible, d'ailleurs je crois que tu n'as jamais cessé de l'être, cher dieu du stade aux yeux si émouvants... Finalement, être debout et dire "j'assume", c'est cela qui est grand.

Posté par catherineb à 16:56 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 juillet 2006

Weltmeisterschaft

Quelques notes à propos de la "Weltmeisterschaft"
28 Juillet
Y a-t-il encore des Français à F.? Mardi soir on n'a pas entendu de cortèges de voitures klaxonnantes, alors qu'on a beaucoup entendu les Italiens, par exemple. Si les Turcs avaient participé, mon quartier serait sans doute en totale effervescence. Les Allemands ont redécouvert leur drapeau. Quand il flotte au vent sur leurs voitures, de taille modeste et sans aigle dessus, c'est plutôt joli. J'ai plus de difficultés avec les maisons pavoisées de grands drapeaux, parfois ornés de l'aigle justement... rien à faire ça me rappelle des choses pas saines, même à moi qui ne les ai pas vécues. Mais qu'ils aient enfin redécouvert l'envie d'arborer leurs couleurs et de faire la fête au lieu de déprimer sans cesse face aux tourments que leur inflige le gouvernement qu'ils se sont choisi librement et en toute lucidité, je trouve ça plutôt positif.
Dans mes cours, une Française est venue vêtue du maillot des Bleus et un Allemand m'a donné un texte à corriger, compte-rendu très bien écrit du match de mardi soir.
!er Juillet
"Deutscland a quelque chose de méditérranéen" ai-je lu dans un journal. C'est vrai et même si ça ne dure pas, c'est agréable.On est en Europe et ça se sent soudain. Des voitures circulent avec des doubles drapeaux, Italiens et Allemands dans le même véhicule. Ils font la fête ensemble dans les rues. Hier soir au café, les Allemands applaudissaient aux exploits français et ont même sifflé les Brésiliens. Dans un quartier, j'ai vu des fenêtres à présent doublement pavoisées, bleu-blanc-rouge/ noir-rouge-or. Je n'aime toujours pas trop cela, mais c'est quand même significatif de notre mélange de plus en plus européen, malgré les "non" à des constitutions idiotes. Euphorie totale dans les rues. Ils avaient même arrêté les trams en dehors du centre-ville pour laisser passer la foule en liesse et, dans les plus grandes artères, les voitures à drapeaux. C'est mieux qu'au Carnaval. J'ai toujours dit que c'était mieux de faire la fête en été qu'en hiver quand il gèle! Ce genre de scène, je les connaissais de Marseille ou de Rome, mais pas d'ici.
Contrairement à Philippe Val qui vitupère toujours contre les idiots de footeux et de supporters, je ne suis pas contre le foot, même si mon intêret et mes enthousiasmes sont toujours limités dans le temps. Si on est réaliste, on admet qu'il y a dans le genre humain (particulièrement masculin) une dose d'énergie et d'agressivité à dépenser impérativement, et j'aime mieux qu'elle soit dépensée là que sur les champs de bataille d'Irak, de Palestine, d'Israel et d'Afghanistan. La fête du foot ne peut être que transitoire éphémère et ne résoud aucun problème, elle les masquerait plutôt, mais pourquoi n'aurait-on pas le droit d'oublier un temps ses problèmes? Quand je vois toute la jeunesse de F. courir joyeusement, sauter comme des cabris, crier, chanter, agiter ses drapeaux et danser dans les rues comme si on était au Brésil, moi je me réjouis, parce que les Allemands grognons, malpolis, pessimistes et mécontents, ça reviendra bien assez tôt!
Et les Hooligans de toutes nations et de tout poil sont plutôt noyés dans la masse joyeuse et ça aussi ça fait du bien!
6 Juillet
Je disais à J. en regardant Allemagne-Italie que je ne voulais pas qu'ils perdent, parce que je n'avais jamais vu les Allemands d'aussi bonne humeur. Et pourtant, ils ont perdu... Pourvu que la bonne humeur dure quand même encore un peu!
Hier soir on était au Loretto Schlosscafé, parce qu'il se trouvait que c'était le jour de notre rencontre "franco-française" (premier mercredi du mois) il n'y avait pas grand monde dans la salle à part nous. Un père français avec ses deux filles qui m'a dit :c'est elles qui sont folles de foot et qui m'ont trainée ici. Je lui ai répondu que c'était surprenant parce que d'habitude, c'était plutôt le contraire. Dans notre groupe, il y surtout C. qui est fan de foot (elle va voir tous les matchs de l'équipe De F.) ; moi et M. un peu, pour les grandes occasions; les autres pas trop je crois. Donc entre divers papotages, on a encouragé les Bleus. Hein ? Quoi ? Encore un but? Pour qui? C'est quoi un corner? Qu'est-ce qu'il fait celui-là? Carton rouge ! Hou! Allez vas-y Zizou !
Bon bref on a fait de notre mieux.
Et le serveur du café nous a souhaité bonne chance pour dimanche prochain....

Posté par catherineb à 12:54 - Journal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 juin 2006

Itinéraires au Pays de Barr

Le samedi 10 juin, c'était donc le vernissage de l'expo des communes du pays de Barr. Le temps était à nouveau radieux en Alsace, plus chaud que sur la côte! En début d'après-midi, les responsables avaient organisé une randonnée vers les vieux châteaux d'Andlau et du Spessbourg, où des artistes avaient installé des oeuvres dans la forêt. Grandes photos de cactus sur grandes toiles blanches translucides, accrochés entre les arbres. Objets recouverts d'écailles brillantes muticolores installés sur des souches et très jolie promenade à travers la forêt. A.M est venue et ça m'a fait très plaisir de la revoir après tant de temps ! :-) ! (A.M. est une lectrice de mon Blog, moi, qui me plains tout le temps que personne ne me lit, et bien, c'est pas vrai!)
Après, il y avait le vernissage officiel à Saint Pierre dans le parc des missions africaines avec discours d'usage, préfets, maires, etc... à boire, à manger (des cerises!). Puis on a demandé aux artistes de rejoindre leurs oeuvres respectives afin que les visiteurs puissent leur poser des questions en circulant parmi les villages. C'est assez drôle, une expo éparpillée sur un tel vaste espace géographique (7 à 8 villages tout autour de Barr). Nous sommes donc allés à Bourgheim où se trouve la sculpture de J.. On s'est étalés dans l'herbe, on a pris des photos, on a discuté avec les visiteurs. Monsieur le Maire nous a gentiment apporté de la bière et de l'eau, car il faisait très chaud. La belle sculpture "Horizontale-Verticale" orange fluo lançait des éclats de couleurs dans les rayons obliques du soleil couchant . (Site: WWW.ITINERAIRES-ART.FR)
Plus tard, on a visité quelques autres villages proches, mais on n'a pas eu le temps de tout voir. A la mairie de Coxwiller, il y avait des toiles d'Hélène de Beauvoir (la "soeur à Simone"), mais je ne les ai pas trouvées extraordinaires.
Puis le soir il y avait un buffet dans les jardins du musée de la Folie Marco, une demeure patricienne du 19ème siècle, musée d'art décoratif, meubles et vaisselle d'époque, qui me rappelait un peu la Seigneurie des Aulnaies qu'on avait visitée à Saint Jean Port Joli.
Grands jardins ombragés, musique contemporaine, gens affamés qui se jettent sur les saucisses et les sandwiches au saumon fumé. Nuit douce et chaude, enfin une première vraie nuit d'été limpide avec lune pleine qui monte et nous éclaire.
Pendant la randonnée, une jeune fille est venue nous voir, J. et moi, Bonjour, je suis Julie, je connais votre nom parce que j'ai travaillé à Saint Jean Port Joli pendant trois ans et (à J::) j'ai eu ton dossier entre les mains avant de partir. La petite Julie connaît tout le monde là-bas. N: et No., D. et F. et nous avons parlé de tous ces gens, de No qui va avoir son bébé en août, de la jolie maison de D..... Julie a eu une bourse de trois mois pour venir à Paris. son séjour s'achève, elle est venue voir des amis québécois à Strasbourg et deux d'entre eux exposent aussi à Barr. Une autre jeune artiste française a aussi fait un séjour à S. J.P.J. C'est drôle, toutes ces retrouvailles inattendues. La voix de Julie me replonge dans ma vie québécoise, tout naturellement, comme si je ne l'avais jamais quittée. J'aime ce pays parce que j'aime la manière d'être de ses habitants. Nous avons donc chargé Julie de nos salutations et grosses bises pour tous les Québécois que nous connaissons et vers minuit nous sommes repartis à regret sous l'éclat intense de la lune qui rendait la nuit bleu transparent, car la douceur de l'air donnait envie de rester dehors toute la nuit.
Je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire parce que j'ai encore pas mal de boulot, bien que je n'aie plus beaucoup de coeur à l'ouvrage... il faut que je tienne encore un mois et je profite des week-ends pour faire comme si c'était déjà les vacances. Plus de détails la prochaine fois...

Posté par catherineb à 15:51 - Journal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 juin 2006

Le voyage de C., le Mistral et les vacances

Suite des vacances:
On avait emmené C. jusque chez nous et elle voulait prendre le train samedi matin à Alès pour continuer vers Cavalaire. Mais à Ales:grève surprise (qui n'est pasd tant que ça une surprise! ) des trains régionaux. A ce propos, j'ai beaucoup aimé le panneau d'affichage luimineux à Lyon dans la gare :"Grèves: demandez le programme des perturbations" Ironie délibérée ou involontaire? A quelle perturbation aurons-nouzs la chance d'assister aujourd'hui? Les places seront-elles chères? Pour nous ce fut cher, puisqu'on a dû payer deux fois notre voyage!
Bref, panique à Alès. Nous proposons d'emmener C. jusqu'à Nîmes et par la même occasion, nous embarquons un jeune joueur de pétanque qui doit aussi se rendre à Marseille pour une compétition de championnat de France, dit-il. Mais à Nîmes, point de trains non plus. C., qui est très débrouillarde et organisatrice se démène pour trouver des gens qui veulent aussi aller à Marseille, et prendre un minibus, un taxi, n'importe quoi... Elle a trouvé deux jeunes gens sans cheveux qui veulent bien participer à l'expédition. Mais un taxi pour Marseille, c'est cher. Alors le joueur de boules appelle un ami qui consent à venir les chercher à Arles. Donc, les voilà partis à quatre pour Arles. Il s'avère que l'ami du bouliste est un consul, possédant une somptueuse voiture qui roule très vite. C. ne tarit pas d'éloges à son sujet, charmant, gentil, modeste, intéressant... En arrivant à Marseille, les deux jeunes s'évanouissent dans la nature et le consul dit à C. que d'après ce qu'il a compris de leurs conversations téléphoniques perpétuelles, il s'agit de deux Roumains engagés dans la légion étrangère. Ils allaient aussi à Toulon, mais du coup, C. ne regrette plus de ne pas continuer le voyage avec eux. Finalement, il y a un train à Marseille, qui l'amène à Toulon, puis un bus pour Cavalaire. Donc elle finit quand même par arriver à cinq heures du soir après toutes ces péripéties! Je lui ai proposé d'écrire une nouvelle : C., le consul et les légionnaires.
Quant á nous, J. et moi, encore un peu sonnés par le voyage de la veille, on se retrouve à Nîmes à dix heures du matin et on décide de s'y balader un peu, avant de rentrer chez nous. J'ai trouvé un CD de Richard Desjardins, "BoomBoom" qu'on écoute tout le temps dans la voiture, pendant toute la semaine de vacances. J'adore! Le sens poétique de cet homme me touche, sa manière de manier le langage me ravit.
Samedi, dimanche et lundi il a fait très chaud jusqu'à ce que, allongés sur les chaudes pierres des rives de la Ganière on voie de gros nuages gris arriver qui laissent tomber quelques gouttes. La température baisse d'un coup. C'est là que dans le Nord, la neige tombe, tout le monde rallume son chauffage, etc... Pour nous, c'est la période Mistral qui commence, mardi jusqu'à vendredi, après, ça s'améliore. Alors on fait beaucoup de balades. Nous avons marché dans les concluses de Lussan, magnifiques lits calcaires de ruisseaux un peu taris, gorges étroites et trous d'eau, paysages lunaires sur plus de cinq kilomètres de long, heureusement bien protégés du vent.
Et puis il y a eu des jours de baignades, un nouveau coin de rivière découvert, du soleil, de la fainéantise, tout ce que je voulais...
Quand nous sommes arrivés, il n'y avait presque plus de cerises, mais Marie-Cécile, la gentille voisine, prévoyant notre déception nous en avait cueilli deux, trois kilos qu'elle avait mis au congélateur. Un peu étranges, les cerises décongelées, mais j'ai pu en faire des confitures, sinon je n'en aurais pas eu cette année. Il en restait quelques-unes sur l'arbre, c'était des morceaux de sucre noirs, presque des fruits secs, délicieux.
A part ça, Madame Rouge-queue a encore élevé ses cinq petit dans l'atelier de J. et nous a houspillés et morigénés à chaque fois qu'on a voulu y entrer. Au bout de quelques jours ils se sont mis à voleter partout, puis ils sont sortis dans le jardin et J. a récupéré son atelier. Et le chat noir, que nous avions dénommé "L'Un" (parce qu'il y avait aussi "L'Autre" qui lui ressemble énormément) est en fait une chatte qui a de nouveau caché ses petits quelque part dans le bas du valat et qui, mère nourricière, a un appétit dévorant et n'arrête pas de venir se ravitailler chez nous tant qu'on est là.
Voilà, j'aurais encore voulu raconter la journée de vernissage en Alsace, mais j'ai cours bientôt, il faut que j'arrête, ce sera donc pour une autre fois.
A bientôt!

Posté par catherineb à 16:13 - Journal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »