Le blog du Canada

Journal intime

21 juin 2007

Abbraccio d'Italia!

De Nice vers l'Italie
Tout le trajet sur cette autoroute à montagnes, à tournants, à viaducs et à tunnels s'est effectué sous la flotte, mais en arrivant à Massa, il y avait un tout petit carré bleu, et à l'horizon, le ciel tout noir, menaçant du prochain orage.
De Gênes, j'ai envoyé un texto à S. : On arrive! et elle a répondu OK, on prépare les pâtes!
Arrivés à Massa, on a trouvé facilement sa maison. Un copain à elle, R. qui l'aide à réaliser ses sculptures, est aussi un génial cuisinier. C'est lui qui avait préparé la pasta avec une sauce doucement pimentée aux fruits de mer, puis un filet de poisson à la sauce moutarde et une salade. On a dégusté tout ça avec du bon vin blanc, tandis que le xième orage se déversait sur Massa.
Le soir, S. nous a emmenés à Serravezza, un village où se trouve une ancienne scierie de marbre dans laquelle s'est installé un couple de sculpteurs qui ont aussi une immense galerie dans les sous-sols. C`était le dernier jour d'une exposition collective dont le thème était "érotisme et nourriture" (à l'APA on n'a pas osé, ce sera seulement "nourritures" en juillet!) et donc cela se terminait par une fête. Chacun avait amené à manger et à boire, des Argentins experts faisaient rôtir de la viande sous une grande bâche. Il y avait des performances, dont une effectivement particulièrement érotique, dans l'atelier, dans la galerie en arcades au sous-sol, beaucoup de monde, des chiens et des enfants qui couraient partout. Seule ombre au tableau, après l'orage, le temps était frais et couvert, avec quelques petites gouttes de temps à autres et je grelottais de froid dans mes petites chaussures et ma petite veste.
Heureusement, un orchestre rock s'est installé dans l'atelier de découpe du marbre, et bien qu'un peu crevés, on s'est mis à danser avec enthousiasme sur I can't get no satisfaction et autres succès d'un autre âge, de notre âge!
Le lendemain S: nous a emmenés faire un tour pour découvrir sa région, c'est à dire la région du marbre de Carrare. De loin, ces montagnes blanches aux formes bizarres ont l'air recouvertes de neige. De près, les découpes géométriques dans le marbre blanc les transforment en paysages, en villes, en chateaux oniriques. On a d'abord visité les carrières extérieures. (C'était dimanche, ils ne travaillaient pas) Puis ces cavernes carrées gigantesques qui ressemblent à des cathédrales taillées à même la terre. On y est à peine haut comme la roue d'une pelleteuse qui elle-même semble un jouet miniature dans cet environnement. Les boutiques qui vendent des souvenirs, c'est "Oberammergau en marbre" dit J.
Après, on est montés très haut dans les montagnes qui dominaient certaines de ces carrières, avec des vues magnifiques et lointaines, des silences et des cris d'oiseaux, un vieux berger qui ramasse des champignons, des sentiers de randonnées qui serpentent au-delà des carrières blanches, béantes...
Ensuite, visite d'un vieux village perché, Fosdinovo, où on a pris une bière et S. a voulu nous faire voir aussi un peu la côte, du côté de Lerici, La Spezia et Porto Venere. Côtes escarpées, découpées qui plongent à pic dans la mer bleu pur, puis descente à pied vers Punta Bianca, tout près du bord de l'eau où l'on s'assied un moment pour regarder le soleil descendre dans la mer.
Le lendemain S. avait du travail, une sculpture à terminer, alors on s'est baladés seuls, d'abord dans le centre de Carrare, jolies rues, jolies places, belle cathédrale, mais tout autour vrombissent sans cesse les camions qui transportent vers le port ces énormes blocs blancs qui me font penser à des mottes de beurre. Il paraît que Carrare est le berceau de l'anarchisme italien (c'est vrai, j'ai vu plein d'affiches anarchistes partout!), que les travailleurs du marbre sont super organisés, qu'ils se font respecter et bien payer pour leur travail extrément dangeureux. Ville sympathique.
Après, comme il faisait beau, on a voulu voir la mer à Marina di Pietrasanta, qui est un village de fonderie de bronze.
Nouvel obstacle à mes envies de mer: les plages payantes! Dix ou vingt euros pour avoir droit à un parasol, deux chaises longues et une piscine, non merci, je suis pas venue pour ça!
Après moult interrogations et recherches, on finit par trouver la "free Beach" qui fait 25 mètres de large et où s'entassent les touristes allemands et autres qui n'ont pas l'habitude de payer pour aller à la mer. Ça me rappelle les rives du Saint-Laurent. Mais les Italiens ont l'air de trouver ça normal, ces kilomètres de chaises longues alignées comme des petits soldats.
Cependant, j'ai enfin pu me baigner et j'en ai bien profité, ensuite on a visité le centre de Pietrasanta, on a bu une bière en regardant la jolie place, l'église et son campanile de briques rouges. Les places italiennes donnent toujours un sentiment fantastique de grand espace généreux, même si tout est petit autour.
On est rentrés tard, S. aussi, elle avait des problèmes avec sa sculpture, et le lendemain midi nous avons repris la route pour rentrer chez nous. Petite halte à Menton entre deux averses, un beau rayon de soleil, et hop, je replonge dans la mer!
Et puis il restait quatre jours tranquilles dans Monmaquis, dont une journée superbe de balades et de baignades avec M. et L.
La chatte est encore enceinte, on ne sait pas ce qu'elle a fait de sa première portée. Le rouge-queue en est également à sa deuxième couvée, squatte l'atelier de J. er rouspète à chaque fois qu'on y entre. La huppe a fait son nid en dessous de la terrasse des Danois, on l'observe à la jumelle, un joli chapeau sur la tête, un long bec pointu, et rayée comme un zèbre.
Tous les soirs, les martinets jouent au Quidditch comme Harry Potter au ras de notre balcon en poussant des cris de joie. C'est fou le temps qu'on passe là-bas à observer tout ce qui vole.
Et voilà. On est même restés une journée de plus parce qu'il faisait enfin beau comme en été, journée passée au bord de l'eau du Luech et on a pu récupérer S. à Grenoble en repartant le dimanche.
Ici, ça continue, le régime orage. Le jardin prend des allures de jungle, les courgettes sont géantes et les framboises sucrées malgré la flotte. Je travaille, un peu, beaucoup. Je prépare l'université d'èté qui aura pour thème "la France et ses jeunes". Pour contre balancer, j'ai envie de proposer pour l'année suivante "La France et ses vieux". Je lis la Faute A Rousseau qui vient juste d'arriver et qui parle d'"'Internet et moi" ou "moi et Internet". Ça m'inpire des commentaires.
Mais ce sera pour une autre fois...

Posté par catherineb à 16:41 - Journal - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

une grande mosquee a amenagee

je suis en train de chercher du marbre blanc de la premiere qualite pour me contater mon numero 2213325624 j'atend votre reponse

Posté par said niang, 23 mars 2008 à 15:33

une grande mosquee a amenagee

je suis en train de chercher du marbre blanc de la premiere qualite pour me contater mon numero 2213325624 j'atend votre reponse

Posté par said niang, 23 mars 2008 à 15:35

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