24 janvier 2007
Confessions d'une ex-timide!
"Mon coeur bat, ma respiration va et vient, il faut que je trouve mon rythme. Ma voix, si étrange, ma voix que je n'aime pas entendre, il faut qu'elle ne soit plus ce bruit qui me trahit, mais une musique qui me porte. Et mon écriture, non pas un message qui se perd dans le silence et n'aboutit qu'à des yeux, mais une parole qui fasse vibrer une oreille..."
(Philippe Lejeune, dans "signes de vie")
C'est ce que je voulais dire et c'est tellement bien dit que je ne peux résister au plaisir de le citer, à propos de ma lecture publique du 11 janvier.
Il y avait 28 personnes, deux de moins que pour Didier van Cauwelaert, qui a lu " L'évangile de Jimmy" quelques semaines avant, donc je n'ai pas à rougir! Il y avait des connaissances et des amis mais aussi des personnes que je ne connaissais pas. M., la Québécoise était là et a lu "rencontre" (la dame dans sa serre..) en prenant son plus bel accent québécois que j'ai eu tant de plaisir à entendre.
Et moi, et moi et moi? Bon, je n'étais pas trop paniquée, dans le fond , c'était comme si j'allais faire un cours, mais en même temps, je n'étais quand même pas cool à 100% non plus. Quand je fais cours, c'est toujours un dialogue. Stimulus-Response. Là, c'était moi tout le temps et je me suis apercue que j'avais un peu peur des silences. Des fois je me disais, oh, peut-être n'es-tu pas marrante, ça manque d'humour, peut-être s'ennuient-ils? Au début, j'avais aussi très peur que ma voix me lache, je sortais à peine de cette horrible bronchite de Noel. Mais en fait, elle est devenue de plus en plus claire, de plus en plus assurée. Pour les poèmes, je savais qu'il fallait absolument que je fasse des pauses, sinon c'est trop dificile à suivre et j'en ai fait. Quelques personnes m'ont dit que j'avais l'air détendue. Bon, au moins donner cette impression, c'est déjà ça!
Dans l'ensemble, c'est une expérience très intéressante, parce que pour la première fois j'ai sorti corporellement de moi des choses qui m'habitent pour les lancer aux autres sans savoir comment elles allaient être rattrapées. C'est une chose de se répéter des textes á soi-même. C'en est une autre d'en voir publiées, imprimées, et c'est encore tout autre chose de les dire soi-même devant un public. il y a ce côté théâtral, le côté "passer la rampe", dont je parle dans la première page du Blog, qui joue un rôle nouveau.
Et je me suis rappelée soudain mes premiers exposés, avec Francoise, ma copine de lycée, au Bonheur des Dames ou Le Lac de Lamartine... avant de commencer, j'avais l'impression d'être menée à l'abattoir!
"Pourrait beaucoup mieux faire" "Catherine ne dit jamais rien en classe" disaient toujours mes bulletins de notes. Bonne à l'écrit, nulle à l'oral... des tas de souvenirs remontent... Mais voilà qu'avec un sacré paquet d'années d'entrainement, il devient posible de partager un peu ce qu'on a dans la tête.
Voilà, c'était Les confessions d'une ex-timide, d'ailleurs pas si ex que ça!
Confessions d'une ex-timide!
"Mon coeur bat, ma respiration va et vient, il faut que je trouve mon rythme. Ma voix, si étrange, ma voix que je n'aime pas entendre, il faut qu'elle ne soit plus ce bruit qui me trahit, mais une musique qui me porte. Et mon écriture, non pas un message qui se perd dans le silence et n'aboutit qu'à des yeux, mais une parole qui fasse vibrer une oreille..."
(Philippe Lejeune, dans "signes de vie")
C'est ce que je voulais dire et c'est tellement bien dit que je ne peux résister au plaisir de le citer, à propos de ma lecture publique du 11 janvier.
Il y avait 28 personnes, deux de moins que pour Didier van Cauwelaert, qui a lu " L'évangile de Jimmy" quelques semaines avant, donc je n'ai pas à rougir! Il y avait des connaissances et des amis mais aussi des personnes que je ne connaissais pas. M., la Québécoise était là et a lu "rencontre" (la dame dans sa serre..) en prenant son plus bel accent québécois que j'ai eu tant de plaisir à entendre.
Et moi, et moi et moi? Bon, je n'étais pas trop paniquée, dans le fond , c'était comme si j'allais faire un cours, mais en même temps, je n'étais quand même pas cool à 100% non plus. Quand je fais cours, c'est toujours un dialogue. Stimulus-Response. Là, c'était moi tout le temps et je me suis apercue que j'avais un peu peur des silences. Des fois je me disais, oh, peut-être n'es-tu pas marrante, ça manque d'humour, peut-être s'ennuient-ils? Au début, j'avais aussi très peur que ma voix me lache, je sortais à peine de cette horrible bronchite de Noel. Mais en fait, elle est devenue de plus en plus claire, de plus en plus assurée. Pour les poèmes, je savais qu'il fallait absolument que je fasse des pauses, sinon c'est trop dificile à suivre et j'en ai fait. Quelques personnes m'ont dit que j'avais l'air détendue. Bon, au moins donner cette impression, c'est déjà ça!
Dans l'ensemble, c'est une expérience très intéressante, parce que pour la première fois j'ai sorti corporellement de moi des choses qui m'habitent pour les lancer aux autres sans savoir comment elles allaient être rattrapées. C'est une chose de se répéter des textes á soi-même. C'en est une autre d'en voir publiées, imprimées, et c'est encore tout autre chose de les dire soi-même devant un public. il y a ce côté théâtral, le côté "passer la rampe", dont je parle dans la première page du Blog, qui joue un rôle nouveau.
Et je me suis rappelée soudain mes premiers exposés, avec Francoise, ma copine de lycée, au Bonheur des Dames ou Le Lac de Lamartine... avant de commencer, j'avais l'impression d'être menée à l'abattoir!
"Pourrait beaucoup mieux faire" "Catherine ne dit jamais rien en classe" disaient toujours mes bulletins de notes. Bonne à l'écrit, nulle à l'oral... des tas de souvenirs remontent... Mais voilà qu'avec un sacré paquet d'années d'entrainement, il devient posible de partager un peu ce qu'on a dans la tête.
Voilà, c'était Les confessions d'une ex-timide, d'ailleurs pas si ex que ça!
09 janvier 2007
Sentir ou ne pas sentir
Oh la la, le dernier message c'était en novembre 2006 et nous voilà en janvier 2007 et c'est la premiere fois depuis ce temps que j'ai l'impression d'avoir une petite minute tranquille. La vie est folle. Et je sais bien qu'elle va continuer à être folle à partir de la semaine prochaine, tous mes cours auront repris et ce sera reparti pour un tour de piste...
Et quand j'espérais avoir un peu de temps, je me choppe un sale microbe qui me cloue au lit de Noel au premier janvier, et donc pas question de faire toutes les choses que je m'étais promis de faire "quand j'aurais le temps". Est-ce que ça va être comme ça jusqu'à la fin ou est-ce qu'on s'arrête un jour de courir comme des malades?
En plus ce microbe a quelque chose de spécial , il m'a supprimé mon odorat, ça va faire bientôt trois semaines maintenant. On dit que l'odorat c'est un sens mineur, on peut vivre sans, ok. Mais c'est quand même très destabilisant et très curieux. D'abord "je ne peux pas me sentir"(?), les autres non plus évidemment. Je fais la cuisine au radar, parce que quand je mets du curry dans le ragoût, je n'ai aucune idée des dosages. J'ai même plus envie de me mettre de l'eau de cologne ou du parfum, puisque de toute façon, je n'en profite pas !
Et puis il y a un truc qui m'a presque fait pleurer la semaine dernière. J. me demande : Qu'est-ce que c'est, des seringas? Or, les seringas, c'est un peu ma fleur fétiche, ça me rappelle une tonnelle couverte de ces fleurs dans le jardin de mon enfance. Il y en a aussi un énorme paquet dans ma maison de France et à Paques c'est toujours une joie très forte de replonger mon nez dans cette odeur. Alors l'idée, même théorique, -après tout ça va peut-être finir par revenir- de ne plus jamais pouvoir sentir ça, ça m'a fait monter les larmes aux yeux.
Voilà, l'odorat, tant qu'on l'a on se dit que ce n'est pas très important, mais s'il vient à manquer, on se rend compte que ça joue quand même un très grand rôle dans nos perceptions et notre manière d'être au monde.
Dans mon journal de 16 ans, je devais être en seconde puisqu'on lisait Pascal en classe, ce dernier m'énervait passablement, j'aimais déjà beaucoup plus Montaigne, et j'avais écrit : Mais je m'en fous, moi Monsieur Pascal que "nos sens nous trompent", tant que je peux sentir les fleurs!
Et ne plus les sentir, c'est drôlement triste.
Jeudi soir, je vais faire ma lecture au Centre Culturel, j'espère que j'aurai retrouvé assez de voix pour cela. Lire des extraits de ce Blog justement, mais évidemment, juste la partie qui concerne le Canada et puis des poèmes de "L'été Indien".
Ce sera la première fois que je lirai quelque chose en public. Je n'ai pas vraiment le trac, parce que quand même le Centre Culturel, ça fait vingt ans que j'y traîne mes savates, c'est un peu ma maison. Mais quand même, c'est impressionnant!
Alors, des nouvelles bientôt, pour raconter comment ça s'est passé?
Allez, on va essayer!
A bientôt!